
" Préambule météorologique : cette semaine s'est déroulée de bout en bout (et nous ne sommes que jeudi après-midi) sur le mode extatique du sublime. Une extase douce, lente, intime, ensoleillée. Une lumière élégiaque, murmurée, incarnée, amoureuse. Ceux qui sont sensibles aux résonances métaphysiques de cette saison m'auront compris. Une lumière dont on éprouve la sensation qu'elle vous enrobe en nous parlant. Une lumière qui vous concerne, qui vous implique, qui vous accepte, qui vous inclut. Qui n'est plus un phénomène extérieur et distant, indifférent et infini, insignifiant et inhumain, qui fige le monde comme une ampoule dans sa réalité simpliste. Mais présence. Mais matière. Mais proximité. Mais intimité. La lumière a l'air proche, générée à notre échelle, tout près de nous, tout près des choses. Elle n'est plus céleste mais terrestre. Elle n'est plus cosmique mais humaine. Elle a l'air d'énumérer les monuments, les silhouettes, les branches des arbres, les toitures des immeubles. Elle circule entre les choses comme de l'eau aérienne, colorée, mélodieuse. "
Éric Reinhardt, Cendrillon,Éditions Stock, 2007.