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samedi 2 juin 2018

Sauvage



Prairie bourdonnante
marguerites blanches et herbes folles
salsifis  en fleurs chandelles
gentes ailées en myriade
une fermentation intense
la prairie ronronnante
que le vent t'épargne !



samedi 21 janvier 2017

mardi 29 décembre 2015

vendredi 9 octobre 2015

Peuplier au bord de Loire



            Peuplier, peuplier,
            Arbre si bien lié
            Au moindre vent qui passe,
            C'est toi, qui, le premier,
            Pressentis dans l'espace
            Un souffle, on ne sait quoi
            Qui devance le froid.

            Peuplier, peuplier,
            Torche d'inquiétude
            Érigée en l'été 
            Que ton feuillage élude,
            Ne me crois pas lié
            Au froid de ton aubier.

            Peuplier, peuplier,
            Sous mon humaine écorce
            J'ai mon chaud, j'ai  mon froid
            Soumis à d'autres lois
            Que celles qui te forcent,
            Ô toi, si bien lié.

Pierre Ménanteau







lundi 8 septembre 2014

Le mur



Le mur


Les fenêtres étaient ouvertes. Le salon
Illuminé jetait des lueurs d’incendies,
Et de grandes clartés couraient sur le gazon
Le parc, là-bas, semblait répondre aux mélodies
De l’orchestre, et faisait une rumeur au loin.
Tout chargé des senteurs des feuilles et du foin,
L’air tiède de la nuit, comme une molle haleine,
S’en venait caresser les épaules, mêlant
Les émanations des bois et de la plaine
A celles de la chair parfumée, et troublant
D’une oscillation la flamme des bougies.
On respirait les fleurs des champs et des cheveux.
Quelquefois, traversant les ombres élargies,
Un souffle froid, tombé du ciel criblé de feux,
Apportait jusqu’à nous comme une odeur d’étoiles.
(...)

Guy de Maupassant, Des vers.







vendredi 16 mai 2014

samedi 25 mai 2013

Abbatiale




Loin du rivage du fleuve

sur une petite butte de terre

l'Abbatiale protégée de l'eau

le village autour





     " Les molles croupes de Sologne d'un côté, et de l'autre les terrasses de sable rougeâtre de la forêt d'Orléans s'écartent ; dans ce cadre agrandi la Loire dessine de larges courbes entre les digues ou turcies qui l'enserrent. Partout l'alluvion qu'elle a déposée, la laye bienfaisante, s'étend. La culture a pris possession de ces alluvions et les a victorieusement disputées aux crues ...

   Des terres de labour, à la glèbe luisante et onctueuse, donnent le secret de l'abondance précoce qui y attira les populations, créa un foyer de travail humain, fixa un centre historique. Entre les régions ingrates qui couvrent le fleuve au Nord et au Sud, c'était comme une oasis de fertilité.

   Ce val parmi ceux qu'arrose la Loire, semble la contrée qui fut la contrée le plus tôt aménagée, purgée des marécages, dépouillée de bois, protégée contre les reprises du fleuve. (...) La masse de l'église de Saint-Benoît, en belle pierres de Nevers, domine, écrase presque, champs, maisons, et villages. Bâtie sur l'emplacement d'un établissement romain, l'église bénédictine de l'ancienne abbaye de Fleury évoque les grandes écoles carolingiennes, l'ancienne richesse et la fleur de civilisation née en pleine barbarie grâce à cette richesse. Le vieux capétien qui dort sous les dalles du chœur témoigne à sa façon que pendant une assez longue période, ce fut là, entre Gien et Orléans, que parût se fixer le centre de notre histoire. "

Paul Vidal de La Blache (1845-1918), géographe, Tableau de la Géographie de la France. 



samedi 4 mai 2013

bernache




Le ciel était gris de nuages

Il y volait des oies sauvages

Qui criaient la mort au passage

Au-dessus des maisons des quais

Je les voyais par la fenêtre

Leur chant triste entrait par la fenêtre

Et je croyais y reconnaître

Du Rainer Maria Rilke.

Aragon, Est-ce ainsi que vivent les hommes ?
Le Roman inachevé.



mardi 15 janvier 2013