Loin du rivage du fleuve
sur une petite butte de terre
l'Abbatiale protégée de l'eau
le village autour
" Les molles croupes de Sologne d'un côté, et de l'autre les terrasses de sable rougeâtre de la forêt d'Orléans s'écartent ; dans ce cadre agrandi la Loire dessine de larges courbes entre les digues ou turcies qui l'enserrent. Partout l'alluvion qu'elle a déposée, la laye bienfaisante, s'étend. La culture a pris possession de ces alluvions et les a victorieusement disputées aux crues ...
Des terres de labour, à la glèbe luisante et onctueuse, donnent le secret de l'abondance précoce qui y attira les populations, créa un foyer de travail humain, fixa un centre historique. Entre les régions ingrates qui couvrent le fleuve au Nord et au Sud, c'était comme une oasis de fertilité.
Ce val parmi ceux qu'arrose la Loire, semble la contrée qui fut la contrée le plus tôt aménagée, purgée des marécages, dépouillée de bois, protégée contre les reprises du fleuve. (...) La masse de l'église de Saint-Benoît, en belle pierres de Nevers, domine, écrase presque, champs, maisons, et villages. Bâtie sur l'emplacement d'un établissement romain, l'église bénédictine de l'ancienne abbaye de Fleury évoque les grandes écoles carolingiennes, l'ancienne richesse et la fleur de civilisation née en pleine barbarie grâce à cette richesse. Le vieux capétien qui dort sous les dalles du chœur témoigne à sa façon que pendant une assez longue période, ce fut là, entre Gien et Orléans, que parût se fixer le centre de notre histoire. "
Paul Vidal de La Blache (1845-1918), géographe, Tableau de la Géographie de la France.