jeudi 12 février 2026

À PROPOS D"UNE CARTE ANCIENNE (2)

 

La carte d’État-Major

 

        Presque un siècle plus tard (1820-1860), à la suite des cartes des CASSINI, sont réalisées par le génie militaire les cartes dites d’État-Major (de 1820 à 1860). Elles n’ont pas la clarté ni l’élégance des relevés Cassini, mais elles sont plus exactes. Elles remettent en place la topographie et soignent les légendes concernant les lieux qui ont perdurées jusqu’aux nos jours.

       Concernant le réseau hydrographique, les ruisseaux sont identifiés avec la Bionne qui traverse le village désormais érigé en commune depuis 1790, du nord au sud, et qui reçoit sur sa rive droite les eaux du Ruet issu de l’étang de Bucy. Sur la rive droite de la rivière, au lieu-dit le Grand Bouland, un trait indique le canal de dérivation qui se dirige vers le château de la Commanderie.

        Pour les grandes voies de circulation, on observe, au N-W, la route principale qui est dénommée comme étant la « Route d’Orléans ». Plus bas, la route franchissant la rivière au « le Min à vent » n’est pas complétement tracée : elle ne rejoint pas la Route d’Orléans à Rochefort et vers l’est, elle se perd dans une voie dénommée « Ancienne voie romaine » et se prolonge vers « les Tertres » et au-delà vers « Plissay ». Un simple trait dénote un chemin de terre partant de la voie romaine dessert sur sa droite « la Fauconnerie » et « les Épouesses ».

        Pour la couverture forestière, on note depuis le nord jusqu’au sud, « les Bois de Bucy », « la vente des Arches », « le Bois de la Truie pendue », « la Clarière », « le Chêne de la volée », « le Chêne brulé », « le grand Bouland », « le petit Bouland » à la cote 107, et « les Glands ».

        En ce qui concerne l’habitat, le nom de la commune « Boigny » est écrit en gras au centre de la carte. En dessous, sont mentionnés « la Salle Chau » dont le domaine est adossé à la route d’Orléans, « la Commanderie Chau », le moulin à eau (Min), une construction « la Caillaudière », « les Tertres », « les Barres » et « le Poirier Bonneau » avant de franchir la limite sud de la Commune.

 

     

        Le territoire est essentiellement forestier où semblent prédominer les chênes avec des espaces de culture (comme la Clairière, en souvenir des essartages du passé), ce qui laisse supposer l’existence de nombreuses fermes dont celles rattachées aux domaines des châteaux et par conséquent une activité agricole importante comme Pierre Brûlé, ancien maire de Boigny (1962-1977) la décrit dans « Boigny au fil des ans » (Cahier N°2 du Patrimoine de Boigny-sur-Bionne, mai 2007).

lundi 9 février 2026

À PROPOS D'UNE CARTE ANCIENNE (1)

      


       Un grand fleuve : la Loire. Au plus haut de sa boucle infléchissant définitivement son cours vers l’ouest. Sur la rive droite, une ville, Orléans, encore ceinte de ses remparts. Venus de la forêt, au nord, descendant du plateau de Beauce, deux ruisseaux ont dessiné autant de thalwegs et se jettent dans le fleuve.

       Des grands axes de circulation convergent vers le pont de la ville d'Orléans, le seul passage nord-sud d’une rive à l’autre. Ils viennent de Tours, de Chartres, de Paris, de Pithiviers, de Gien ou de Bourges, la Sologne traversée.

      La carte est le premier canevas géodésique dressé en 1744 sous la direction de Jacques Cassini dit Cassini II, second d’une lignée de Cassini, de pères en fils, qui jusqu’en 1852 est à l’origine des premières cartes précises de la France.

      Entourant la ville d’Orléans plusieurs paroisses sont honorées du nom de saint : Jean (trois occurrences), Hilaire, Mesmin, Denis, Marceau et Loup. Au-delà, au nord-est, en bordure de la forêt, trois autres paroisses sont mentionnées : Fleury, Semoy, Boigny et Marigny. Entre fleuve et forêt, s’observent des espaces de culture de part et d’autre de deux ruisseaux (non nommés) où dominent la culture de la vigne.

      Nous sommes dans la première moitié du XVIIIème siècle, sous le règne de Louis XV (1725-1774). Boigny est une petite paroisse de l’Orléanais et plus précisément du Duché d’Orléans, apanage du second fils du Roi. Deux routes empierrées (selon la légende de la carte), l’une, venue de Pithiviers et l’autre, plus bas, la route de Gien, limitent les lieux. La première borde la paroisse au nord-est et s’appuie sur un ruisseau grossi, rive droite, d’un court ruisseau secondaire issu des étangs de la forêt. Entre route et ruisseau, un curieux dessin surmonté d’une église attire l’attention. C’est un vaste enclos avec une chapelle en son centre. Deux dénominations « la Salle », en lettres grasses (c’est la seigneurerie du lieu) et, en dessous, « la Commanderie », en lettres simples, désignent cet ensemble d’où rayonnent, partant de la chapelle, les allées d’un parc ou d’un vaste jardin. À proximité, un moulin à eau (  ) est mentionné. La localisation de « la Caillaudiere » est notée ainsi, vers l’aval de la rivière, que « le Pt de Boigny ». En face « la Bretauche » au sud ainsi que « le Poirier Bonneau » et sa chapelle. Remontant vers le nord, sur la rive droite du ruisseau, « Gd Boulain » et, rive gauche, « Pt Boulain ». À quelques toises de là, nous trouvons « les Barres » et sa chapelle.

      Nous achevons ainsi le tour de la paroisse de Boigny à cette époque. Il faut remarquer l’absence des mentions des hameaux des Époisses et des Tertres et celle d’un éventuel cheminement entre la paroisse de Boigny et celle voisine de Trainou passant par les Barres.

 

 



lundi 1 septembre 2025

la Loire, un fleuve dont on se méfie



 Loin du fleuve 

aux crues parfois dévastatrices 

perché sur le côteau terminaison du plateau de Beauce 

se dresse, rive droite, le village.



L'église en est le point central







Un clocher porche de base carrée
des murs puissants de pierre
une belle envolée



Une grande rose soleil levant

Église Saint-Pierre de Chécy (Loiret)





samedi 28 décembre 2024

La Chouette

Au square de l'Abbé Desnoyers
dénommé ainsi en l'honneur du fondateur 
de la Société Archéologique et historique de l'Orléanais


" Le Grand Vivisecteur "
un bronze patiné 
(325x180x130 cm)

œuvre de Johan CRETEN
sculpteur belge
né en 1963


 

Une chouette 
symbole protecteur et de la sagesse 


lundi 2 septembre 2024

Quand le regard au jardin s'attache à un détail par un après-midi d'été

 

Un vieil arbre à l'ombre puissante



Un tronc cossu l'écorce crevassée




parfaitement ancré au sol 
une ramure clairsemée




une floraison printanière prometteuse
de petites cerises de maigre chair
seulement pour le bonheur des oiseaux




le cerisier vénérable du jardin








mardi 23 avril 2024

Exposition Céramiques à la Collégiale

          À l'ancienne Collégiale Saint-Pierre-le-Puellier, Anne Rochette, Laurent Dufour et Michel Gouéry, trois céramistes, investissent ce très beau lieu, la plus ancienne église d'Orléans (XIIème siècle), du 13 avril au 26 mai 2024.

 
Dans l'ancienne abside, un trio de petits personnages :



 Les Silencieuses, grès et acier, tapis Luna.  De  Anne Rochette, 2018. 
Et qui me font penser aux personnages de Jérôme Bosch.




Le renard masqué, 2023.
Grès émaillé et lustre de Laurent Dufour (50 x 50 x 200  cm)

 "La céramique est une tentative sauvage de conserver ce qui est par essence fugace et incertain."



Le Lion ailé, grès émaillé (50 x 50 x 200 cm) de L. Dufour (2023).
Tel un souvenir hiératique et assyriens, peut-être . . .


L'enfant-scaphandre, 2014 (120 x 45 x 28 cm) et L'ombre, 2014 (43 x 30 x 116 cm). 
Céramiques émaillées de Michel Gouéry.


Daphnée, 2023. Un grés émaillé de Laurent Dufour.

"Ses créations font partie des collections publiques du Musée de La Piscine de Roubaix et de la Manufacture de Sèvres;"



 

L'Attentive de Anne Rochette (2011), un corps replié en méditation.
Céramique émaillée (52 x 52 x 243 cm)

Un beau titre, " Pas  tout à fait Perdus ", 
pour une exposition lumineuse en un lieu de silence 
où l'on pourra se recueillir jusqu'au 26 mai 2024.





 






lundi 18 mars 2024

Fleurs de printemps au jardin

 

             " Comme au printemps de l'autre année,

             Au mois des fleurs, après les froids,

             Par quelque belle matinée,

             Nous irons encore sous bois." (*)




Le jardin peu à peu s'éveille
la terre ne manquant pas d'eau




Il prend quelque couleur
du blanc, du rose, du bleu




et aussi un peu de jaune
comme l'arc-en-ciel après l'orage





    (*) Nérée Beauchemin, Les floraisons matutinales. Médecin et poète québécois (1850-1931)