mardi 5 septembre 2017

Indésirable

 
 
                     Il y a l'action et ce qui en résulte. Un savoir faire qui parfois confine à l'art, l'habileté, la science du métier. Grimper à l'arbre, harnaché pour le domestiquer comme pour un voyage dans la lune avec gilet, casque, gants et ceinturon sanglé à la taille muni de multiples crochets sans oublier cordes et filins arachnéens... Cela tient autant de l'alpinisme que de l'acrobatie quand le monte-en-l'air, de branches en branches, prend appui, s'arrime et saisit la scie ou la tronçonneuse qui lancée se met avidement à vrombir et dévore les branches qui vacillent, leur chute contrôlée, leur réception au sol, le tout sans un cri ni douleurs, rien que le bruit du feuillage s'esclaffant touchant terre. Les larmes apparaîtrons plus tard au moignon sectionné net quand perlera la sève désormais inutile. À la fin, une sorte de candélabre géant de deuil se dresse vers le ciel, toutes bougies éteintes.

8 commentaires:

  1. Blessé, amputé aujourd'hui, il sera foisonnant dans quelques mois, il aura repris de sa superbe ...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'en doute un peu; les fruitiers à noyaux supportent mal une telle opération d'autant que pour lui, c'est le second écimage qu'il subit...

      Supprimer
  2. Une bien belle observation pour ce travail d'élagage, toujours impressionnant et d'autant plus que le bruit de la tronçonneuse n'a rien de romantique, voir tomber les branches impressionne et j'avoue chaque fois ressentir un mal être, je sais il ne faut pas par trop humaniser mais quand même il y a des drames évitables aux arbres et des coupes bien peu utiles et inesthétiques, aimerions-nous qu'on nous refasse un portrait à la tête squelettique et méconnaissable ? J'ai vu saccager combien de jolis arbres pour des prétendues gênes ! J'ai lu la vie secrète des arbres de Peter Wohlleben et cela confirme ce ressenti que j'ai pour les arbres depuis toute petite, j'ai grandi au milieu des arbres.
    Sur cette photo l'arbre fruitier de surcroit semble implorer le ciel de ses branches aux mains nues.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Imploration qui restera muette...
      Le temps des cerises n'est plus à la une des journaux.

      Supprimer
  3. Vu tant de fois un déchirement au coeur et beau texte sensible Pierre en bel hommage

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Et je vais, Arlette, avoir ce triste squelette (est-il des squelettes gais ?) sous les yeux jusqu'à la fin des temps !

      Supprimer
  4. Un arbre derrière chez moi a eu le même sort, regard pénible pendant quelques années, il en est mort, de chagrin j'en suis persuadée, un pied de lierre traînant par là s'en est offusqué et lui a tricoté un manteau qui le recouvre jusqu'au faîte, bien sûr il est toujours mort sous le lierre mais il est décemment aux yeux de tous entouré d'un linceul...

    RépondreSupprimer
  5. Ce genre de spectacle est toujours très pénible pour moi aussi, amputations et destructions tellement aisées depuis l'invention de la tronçonneuse. Combien de géants y ont laissé leur vie dans nos parcs ? On se prend à rêver d'une revanche que les arbres pourraient prendre sur les humains qui ne respectent pas leur sagesse !

    RépondreSupprimer