mardi 21 juillet 2015

Théâtre



     Le ciel n'est pas tant opératique en lui-même que du fait de celui qui l'observe. Les nuages qui le parcourent et parfois l'obscurcissent ne sont que vapeurs volatiles. C'est le faiseur d'images qui en cadrant donne l'illusion d'une action qui lui échappe. Le ciel n'existe alors non pas en tant que théâtre que parce qu'il - le preneur d'image - le veut théâtral. Le ciel n'existe que par lui au moment de la prise de vue. Il n'en n'est que le metteur en scène pour un instant bref, ses personnages ne faisant que passer, lui échappant aussitôt, le fuyant, moqueurs et insaisissables. Un théâtre de l'éphémère, un théâtre d'ombre, d'illusion pure.
    Dans ce drame, l'action se joue dans les cintres, très haut, au seul caprice des vents. Et le photographe l'ignore.




" J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages ! "

Charles Baudelaire









vendredi 22 mai 2015

Éclosion



Frileuse peut-être
à l'idée de naître




au soleil du matin
se déplisse doucement





prend son inspiration
respire au soleil



s'ouvre enfin 
dévoilant son cœur



au quatrième jour
enfin avec ses sœurs
déclose.





mardi 19 mai 2015

au couchant



Me penchant, j'aperçois là-bas,

au fond du jardin

 encadré par la fenêtre

 le rosier

 éclairé par un  rayon du soleil couchant.





lundi 27 avril 2015

Les iris




" Tel est le col doré des chastes colombelles,
Variant ses couleurs opposite au soleil;
Mais encor de l'Iris les couleurs sont plus belles
Que l'émail colombin qui délecte notre œil."

Pierre de Marbeuf  (1596-1645)




mardi 7 avril 2015

naissances



          C'est incroyable  ! Il n'y avait rien, il y a peu encore. Que la terre nue. Et soudain, tous ces pointements, ces saillies, ces sorties, ces éclosions. Comme si de la terre avait jailli, inattendus, des germes fruit d'obscures et souterraines fécondations. Elle se soulève, elle s'entrouvre et déverse à passion une vitalité retrouvée, turgescences s'épandant à foison en une végétation colorée, fragile et fugitive, marquée au sceau de l'impermanence. Une chorégraphie sensuelle pour un sacre du printemps.