lundi 9 février 2026

À PROPOS D'UNE CARTE ANCIENNE (1)

      


       Un grand fleuve : la Loire. Au plus haut de sa boucle infléchissant définitivement son cours vers l’ouest. Sur la rive droite, une ville, Orléans, encore ceinte de ses remparts. Venus de la forêt, au nord, descendant du plateau de Beauce, deux ruisseaux ont dessiné autant de thalwegs et se jettent dans le fleuve.

       Des grands axes de circulation convergent vers le pont de la ville d'Orléans, le seul passage nord-sud d’une rive à l’autre. Ils viennent de Tours, de Chartres, de Paris, de Pithiviers, de Gien ou de Bourges, la Sologne traversée.

      La carte est le premier canevas géodésique dressé en 1744 sous la direction de Jacques Cassini dit Cassini II, second d’une lignée de Cassini, de pères en fils, qui jusqu’en 1852 est à l’origine des premières cartes précises de la France.

      Entourant la ville d’Orléans plusieurs paroisses sont honorées du nom de saint : Jean (trois occurrences), Hilaire, Mesmin, Denis, Marceau et Loup. Au-delà, au nord-est, en bordure de la forêt, trois autres paroisses sont mentionnées : Fleury, Semoy, Boigny et Marigny. Entre fleuve et forêt, s’observent des espaces de culture de part et d’autre de deux ruisseaux (non nommés) où dominent la culture de la vigne.

      Nous sommes dans la première moitié du XVIIIème siècle, sous le règne de Louis XV (1725-1774). Boigny est une petite paroisse de l’Orléanais et plus précisément du Duché d’Orléans, apanage du second fils du Roi. Deux routes empierrées (selon la légende de la carte), l’une, venue de Pithiviers et l’autre, plus bas, la route de Gien, limitent les lieux. La première borde la paroisse au nord-est et s’appuie sur un ruisseau grossi, rive droite, d’un court ruisseau secondaire issu des étangs de la forêt. Entre route et ruisseau, un curieux dessin surmonté d’une église attire l’attention. C’est un vaste enclos avec une chapelle en son centre. Deux dénominations « la Salle », en lettres grasses (c’est la seigneurerie du lieu) et, en dessous, « la Commanderie », en lettres simples, désignent cet ensemble d’où rayonnent, partant de la chapelle, les allées d’un parc ou d’un vaste jardin. À proximité, un moulin à eau (  ) est mentionné. La localisation de « la Caillaudiere » est notée ainsi, vers l’aval de la rivière, que « le Pt de Boigny ». En face « la Bretauche » au sud ainsi que « le Poirier Bonneau » et sa chapelle. Remontant vers le nord, sur la rive droite du ruisseau, « Gd Boulain » et, rive gauche, « Pt Boulain ». À quelques toises de là, nous trouvons « les Barres » et sa chapelle.

      Nous achevons ainsi le tour de la paroisse de Boigny à cette époque. Il faut remarquer l’absence des mentions des hameaux des Époisses et des Tertres et celle d’un éventuel cheminement entre la paroisse de Boigny et celle voisine de Trainou passant par les Barres.

 

 



6 commentaires:

  1. chic, j'ai suivi le cours du fleuve et la leçon ce qui me donne le plaisir de te saluer

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    1. Merci? Une toute petite partie de son cours : La Loire coule sur plus de 1 000 km !

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  2. Ahh plaisir de cette page d'histoire géographique aussi Ah !! Ces Orléans!! et l'éternel second et c'est avantages compensatoire et ces exils selon l'humeur

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    1. Orléans ville principale du Duché mais sans résidence princière : Blois lui ayant vol" la place.

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    2. Charles d'Orléans, le poète, prisonnier des Anglais pendant 20 ans !

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  3. Désolée Pierre pour les fautes de frappes suis sur mon smartphone

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